25 ANS de la montée du FC Martigues en D1, épisode 1

Episode 1 : De bric et de broc, le FCM construit une équipe de choc

1993, une année faste pour le foot provençal ! Si l’OM devient Champion d’Europe, dans le même temps, le FCM réalise l’impensable : accéder à la Division 1 en étant leader 30 journées sur 34 ! Revivez la folle épopée des Sang et Or en 6 épisodes (photos, articles d’époque, interviews) pour raviver vos souvenirs, voire vous faire sortir les mouchoirs… 6 épisodes pour vous conduire jusqu’au 15 mai, date à laquelle, il y a 25 ans, notre FCM accédait à la D1 ! 25 ans après c’est inoubliable.

L’accession, épisode 1

Préambule

Le 8 mai 1993, en l’emportant à Istres (0-1) Martigues est à 90 minutes d’épouser la Division 1 (la Ligue 1 aujourd’hui) en divorçant de la 2e division avec qui le club Sang et Or était lié depuis 20 ans. Le FCM était même le plus vieux club dans cette division. Un divorce à l’amiable qui sera prononcé le 15 mai 1993 devant 6000 personnes à Turcan lorsque les Sang et Or disposent de Créteil (2-1). Pour en arriver là, il a fallu en déplacer des montagnes. Braver des tempêtes. S’élever contre les éléments. Faire front contre les scéptiques. Car c’était loin d’être gagné puisque le FCM revenait d’entre les morts la saison précédente. Jusqu’au jour J, revivez l’intégralité de cette saison mémorable, qui si elle ne va pas nous faire rajeunir, est à jamais gravée dans nos mémoires avec le secret espoir de pouvoir regoûter un jour à cette joie intense. Pour l’heure ce ne sont que des souvenirs et certains peuvent dire « j’y étais ». Comme le dit Oscar Wilde, « il faut viser la Lune, car même en cas d’échec, on est certain de finir au moins la tête dans les étoiles. » Même si les astres sont loin, qui ne rêve pas un jour de voir notre FCM se remettre sur orbite vers le monde pro ? La L2 et pourquoi pas la L1… L’espoir entretient le rêve, le rêve entretient la flamme. Et cette flamme qui nous anime est de voir briller de mille feux nos couleurs Sang et Or. C’est pour cela que même en N2 nous soutenons encore et toujours les Sang et Or ! Qui vivra verra mais en attendant ne boudons pas notre plaisir de revivre une saison qui nous a marqué au fer rouge, nous les amoureux du FCM… Un anniversaire à revivre en 6 épisodes, voici le premier :

Au bord de la faillite, le FCM redresse la barre et écrit la légende

A la fin de la saison 1991-1992, le bateau martégal tangue dangereusement. Si sportivement Martigues sauvera les meubles de justesse (14e) c’est surtout les finances qui sont sans dessus-dessous. Le club est même au bord du dépôt de bilan. Le club est amené à couler. Michel Berard et la Municipalité se mettent en ordre de bataille pour colmater les brèches et construire une équipe avec les moyens du bord pour remettre à flots le bateau martégal. Henri Canet, le «gaulois» fidèle à ses couleurs est là pour encadrer les jeunes pousses martégales comme Ali Benarbia, David Mazzoncini ou encore Gilles Petrucci. Pour ne pas (ou peu) dépenser un centime, Martigues recrute de nombreux joueurs prêtés. Laurent Castro, Stéphane Blondeau (Montpellier), Pierre Chavrondier, Stéphane Roche (Lyon), Anicet Saussé (Lens) puis plus tard Jean-Roch Testa (Le Havre).

21 garçons, une année d'exception. Des jeunes formés au club, des joueurs prêtés voulant montrer leur talent, et des vieux briscard... Un mélange explosif qui réussira à se hisser 30 fois à la 1ère place en 34 journées ! Chapeau les artistes !Légende photo : 21 garçons, une année d’exception. Des jeunes formés au club, des joueurs prêtés voulant montrer leurs talents et des vieux briscards… Un mélange explosif qui permettra au FCM de se hisser 30 fois à la 1ère place en 34 journées ! Chapeau les artistes !

1992-1993 était la dernière saison à deux groupes de D2 à 18 clubs. Plus de groupes A et B en fin d’exercice pour laisser place à la Super D2 à 22 clubs. Il fallait finir au minimum 10e de chaque groupe pour sauver sa peau: c’était l’objectif martégal ! Au démarrage de la saison après toutes les secousses financières qu’ont dû braver les Sang et Or, avec un effectif fait de bouts de ficelles, nous étions loin d’imaginer que le FCM s’inviterait sur le devant de la scène. Christian Sarramagna a succédé à Paul Orsatti. L’ancien stéphanois avec son « savoir-vert » va réussir à trouver la bonne formule pour donner vie à cette équipe. Mieux, sa formation va évoluer sur une autre planète. « Des garçons dans le vent », pourrons nous entendre à l’époque. Un vent de folie qui s’invite sur la 2e division française et qui va glacer plus d’un adversaire ! Savant mélange (explosif) de joueurs formés au club, de joueurs prêtés voulant montrer leurs talents et de vieux briscards.

la belle surprise, puis la confirmation

En ouverture du championnat, les Martégaux se déplacent à Créteil et reviennent avec un bon nul (1-1), pourtant réduits à 10 suite à l’expulsion d’Ali Benarbia. Le premier rendez-vous de l’année à Turcan va être fatal à Rodez. Les Ruthénois repartent les valises pleines (5-1) mais on est loin d’imaginer que les Sang et Or vont se mêler à la lutte pour l’accession. En tous cas le démarrage est bon. Le match suivant, les Martégaux débarquent à Nancy. Avec dans ses rangs le maître à jouer russe Zavarov, les Lorrains sont candidats déclarés à l’accession. Là-bas, la magie opère. Le FCM s’impose en costaud (0-1), « et c’est là que l’on a senti qu’il se passait un truc », répondent tous les protagonistes dès que nous les interrogeons. Valence (4-0) et Sedan (3-0) se font aussi atomiser à Turcan (où Martigues ne cèdera que 3 points sur 34 – 14 victoires, 3 nuls, 0 défaite – la victoire étant à 2 points jadis) et que dire des bons résultats nuls contre Bastia, Nice et Cannes. Après 10 journées, le FCM est invaincu et ce n’est plus une surprise : c’est une certitude, ce Martigues-là taille patron !

les affaires Mazzéo et Thébault… Martigues touché mais pas coulé !

Le FCM va connaître un mois d’octobre délicat avec 3 revers en 4 matches (Alès, Epinal, Ajaccio). Avant Noël, les Martégaux remettent un coup de collier pour accrocher le titre honorifique de champion d’automne ! Le FCM digère tant bien que mal l’hiver car le 6 février 1993, c’est le triste soir. L’affaire Mazzéo à Sedan, avec Henri-Claude Ferblantier qui cassera la jambe du meneur ardennais. Le coeur n’y est pas, Martigues repart avec une correction (4-0) et en plus la déferlante journalistique s’abat sur les Martégaux. Et que dire de la sortie médiatique de l’administrateur de la Ligue, Jacques Thébault, qui demande ouvertement à ne pas faire monter Martigues, invoquant que financièrement le club ne pourrait pas répondre présent. le FCM obtient péniblement le nul contre Bastia (0-0) et revient bredouille de Nice (2-1). Avant de recevoir l’AS Cannes de Luis Fernandez et Franck Priou, on se dit que Martigues ne parviendra pas à tenir la cadence et verra les Azuréens les croquer. Pourtant, contre vents et marées, les Sang et Or font corps dans l’adversité. Ce soir-là, le FCM retrouve son aura pourtant privé de Benarbia. Le match est bloqué. Sarramagna effectue deux changements en lançant Petrucci et Castro. Coaching payant car ils vont faire sauter le verrou cannois. Le premier centre du gauche pour le second qui d’une magnifique volée du droit à l’entrée de la surface trouve la lucarne de Lemasson (1-0, 83e) et délivre tout un stade. Martigues conforte son avance, reste maintenant à garder le cap…

Martigues rebondit et redevient intouchable !

27 février 1993, le FC Martigues dispose de l'AS Cannes son rival (1-0)27 février 1993, le FC Martigues dispose de l’AS Cannes son rival (1-0) et reste maître de son destin !!!

CLIQUER ICI : journal du 28 février 1993 retour sur le big-match contre Cannes

Les Sang et Or sont devant les Cannois au classement. La donne est simple, dans la peau du chassé, les Provençaux doivent courir comme des lapins pour ne pas voir le boulet de canon cannois revenir sur eux. Martigues en est-il capable ? Martigues ne va-t-il pas craquer ? Martigues va-t-il ne pas être trop touché par les affaires du match Sedan – Martigues et de la Ligue qui se montre sceptique  sur sa capacité à monter ? (Mr Thébault, sans mauvais jeu de mots, c’était laid de votre part) C’est dans ces affaires que le FCM va trouver son second souffle pour être dès lors intouchable. Après sa victoire contre Cannes, les Sang et Or ont même le droit d’aller au stade Vélodrome pour défier le futur champion d’Europe pour le compte des 32e de finale de coupe de France. Castro ayant répondu à Ferreri, le FCM fait jeu égal avec les Phocéens jusqu’à la 73e minute et un but de Di Méco, l’ancien martégal. Le FCM essaie de revenir mais Ferreri, futur martégal, s’offre le doublé dans les arrêts de jeu. Martigues s’incline avec les honneurs (3-1). Galvaniser par ces deux matches, après les turbulences médiatiques, il faudra être très fort pour empêcher les Martégaux d’atteindre leur rêve… (la suite à suivre demain…)

3 reflexions sur “25 ANS de la montée du FC Martigues en D1, épisode 1

  1. Bien que suspendu jusqu’au 31/12/93 par là commission de discipline de la ligue henri claude ferblantier reviendra à la compétition lors de la 13e journée À turcan face à Toulouse fc le 16/10/93 (1-1) et finira la saison 11 fois titulaire et rentrant 2 fois en jeu.

  2. Coupe de France 1992/93 : le parcours.
    7e tour luzenac (ligue) – fcm: 2-5.
    8e tour gaillard (phr) – fcm : 0-3 (ap.prol).
    32e final om- fcm 3-1.
    Les buteurs martegaux : Castro: 3 buts
    Testa: 3 buts , benarbia , blondeau et chavrondier 1 but .

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