INTERVIEW: Jérôme Erceau dresse le premier bilan de la saison martégale

Une fois n’est pas coutume, au lieu d’une traditionnelle présentation de la rencontre du FCM, qui se déplace à Nîmes ce vendredi à 18h, nous avons bouleverser nos habitudes en profitant de ce match amical pour dresser un premier bilan de la saison avec le coach martégal, qui s’est prêté au jeu, sans aucun détour. Il revient avec nous sur le parcours martégal qui permet au FCM d’occuper une belle 9e place. Pas mal pour un promu

Jérôme, après ce premier gros tiers de championnat, quel premier bilan peut-on dresser ?

On est dans les clous par rapport à notre tableau de marche. 21 points après 15 matches c’est pas trop mal. Cela aurait pu être mieux mais pire aussi. Il est clair que les quatre rencontres à venir vont être capitales pour l’avenir de chacune des équipes pour déterminer les positions finales. Si on parvient à bien négocier ce virage avant la trêve on pourra rêver à mieux, à l’inverse, si on se loupe, il faudra se battre pour le maintien jusqu’au bout.

Le tableau de marche fixé c’est 11 points tous les quarts de championnat. Il reste 4 rencontres pour tenter de faire mieux et d’accrocher le point qui manque (22). Forcément, tu dois avoir un objectif revue à la hausse ?

Il reste 4 journées pour avoir 22 points au bout de 18 journées. Nous sommes beaucoup plus ambitieux ! Le premier objectif c’est le match face à Ajaccio lors duquel nous devons renouer avec la victoire sur notre pelouse. Il ne faut surtout pas laisser passer de points face à des concurrents directs pour le maintien.

Avant d’appronfondir le bilan de la saison, en tant que jeune entraîneur, comment se passe les prémices de cette nouvelle carrière à ce poste ?

Je vis cela très bien. C’est passionnant même si ce n’est pas tous les jours facile. Après mon expérience avec la DH, je trouve que sur le travail il n’y a pas beaucoup de différences en entraînant en National. Le grand changement se trouve surtout sur les préparations de matches. Il est plus facile de travailler l’aspect tactique avec une équipe fanion qu’avec une équipe réserve, car là on se retrouve tributaire des redescentes. Ce qui change aussi, c’est la relation humaine avec les joueurs avec qui il faut beaucoup plus gérer les égos. Sur le job en lui-même, je l’apprécie énormément.

C’est un bon début d’année que réalise le FCM. As-tu un match référence sur ces 15 premières journées ?

Pour ma part, je pense de suite au match contre Epinal. Certes, tout n’a pas été parfait mais nous avions l’envie d’être les premiers à les faire chuter. Nous y sommes parvenus en réalisant un match solide même lorsque nous avons été réduits à dix. On a montré deux facettes, celle de produire du jeu, puis après l’expulsion, celle de savoir tenir un résultat. C’est le match référence, surtout à domicile. Maintenant, on reste sur plusieurs rencontres à l’extérieur où les adversaires n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent. On affiche une belle solidité que nous n’avions pas en début de saison. C’est une bonne base de travail pour aborder la suite.

Avant le match d’Orléans, vous avez connu pas mal de coups-durs mais tout le monde a répondu présent pour au final bien passer cette mauvaise passe. Est-ce qu’au final, cela n’a pas été un mal pou un bien pour enfin trouver la solidité ?

Après le match de coupe contre Marignane on a eu beaucoup de casses et de suspensions. On est parti à Orléans dans l’inconnue avec une équipe assez jeune. Il y a eu un déclic car il s’est passé quelque chose de positif ou tout le monde a compris son importance et à encore plus eu le respect des consignes. On pouvait avoir le reproche de prendre beaucoup de but, et après cet épisode on a recadré les choses. Cela a été bénéfique ! C’est sûr qu’il y a moins de folie, moins de but, et que de ce fait je peux comprendre la frustration du public. Ce que je veux dire, c’est qu’en terme de rigueur et de discipline collective c’est un aspect positif pour un entraîneur. Cela passe par-là pour réussir. Maintenant, on doit bosser sur la maîtrise du ballon pour avoir un bon équilibre attaque-défense.

Après les aspects positifs, si tu devais ressortir une rencontre négative, cela serait laquelle ?

Les deux dernières rencontres à domicile contre Quevilly et Bayonne ! Mais même-là, on a la chance de ne pas les avoir perdu. Dans le même genre il y a eu le match face au Red-Star. Celui-là nous n’avions pas su ne pas le perdre. Le mot est faible mais sur les deux dernières perf à domicile nous avons été très, très, très moyen ! Bref, on a été mauvais. Le mérite des joueurs c’est d’avoir au moins réussi à ne pas les perdre. On reste tout de même une équipe solide.

Tu parles de solidité, le FCM est difficile à manoeuvrer cette saison ?

Hormis Epinal et Rouen, nous sommes la troisième équipe à avoir perdu le moins. Cela prouve que nous sommes difficiles à battre. Il ne manque pas grand chose pour essayer de faire un truc de bien cette saison. Je le répète sans cesse aux joueurs ! C’est à eux de se prendre en charge pour essayer d’aller chercher quelque chose de mieux. On navique entre deux eaux et il faut déclencher le petit truc en plus pour regarder vers le haut !

L’équipe est plus solide, mais depuis, on a le sentiment d’être moins performant sur l’aspect offensif. Le compromis entre attaque et défense est-il difficile à trouver ?

A partir du moment ou nous prenions un but à chaque match, il fallait y remédier. Une équipe qui prend des buts à plus de chances de perdre et donc c’est difficile de pouvoir jouer le maintien dans ces conditions. On a eu la réussite en attaque en début de saison mais il ne faut pas oublier qu’il est plus facile de tenter de ne pas en prendre que d’en marquer trois à chaque journée. Il était important de retrouver une solidité défensive ! Cela nous donne une base de travail intéressante. Les joueurs offensifs n’ont pas perdu de leur superbe c’est aussi car ils font plus de boulot dans le bloc défensif. Il faut juste faire preuve de plus d’intelligence pour garder de la fraîcheur pour pouvoir jouer les coups à fond, à l’image de ceux que nous avons eu, et laisser passer, à Beauvais.

Pour toi, quelle est la révélation de ceux début de saison ?

Si je le dis, il va se faire chambrer, même si cela a déjà commencé comme à Beauvais par exemple (rires). Il s’agit de « Posté » (Jérémy Postéraro) ! C’est un joueur qui est arrivé sur la pointe des pieds. Il restait sur une saison à Nîmes où il a commencé à montrer son potentiel mais il lui a manqué le petit truc. Petit à petit, il commence à se lâcher. Certes, il a encore du boulot, car sur un plan offensif il n’a pas mis beaucoup de buts ni fait beaucoup de passes décisives. Mais, je pense qu’il est important pour faire la transition dans notre jeu entre le milieu et l’attaque. Un garçon comme Lafon a aussi explosé après des débuts difficiles. C’est un joueur qui se montre décisif. Je ne vais pas oublier Jean-Matthieu (Descamps), même s’il est dans le dur à l’heure actuelle, je sais qu’il va nous marquer pas mal de buts dans les semaines à venir. « Lulu » (Chavas) lui aussi. Au final, je pourrais citer beaucoup de monde ce qui prouve l’homogénéité de ce groupe !

Justement, comment se passe la vie dans le groupe ?

C’est un groupe qui vit bien. Je peux comprendre certaines attitudes à certains moments ! Il y a des déçus lorsqu’ils ne jouent pas et cela prouve leur envie de jouer et de tout faire pour réussir. C’est mieux d’avoir cette réaction que de ne pas se révolter. Je me régale avec ces groupes même s’il peut, comme dans tous les groupes, y avoir de temps en temps des moments délicats. Mais, il n’y en a pas eu beaucoup ! C’est pour cela que je dis que les 4 matches à venir sont importants. Si nous réussissons à capitaliser au maximum forcément tout se passera mieux. C’est le lot de tout le monde. Les victoires amènent la joie et la sérénité !

On a parlé des coups durs. On pense notamment à Thibaut (Bourgeois). Par rapport aux pépins ou aux suspensions, est-ce que quantitativement et qualitativement, ton groupe est assez armé ?

La blessure de Thibaut, que cela soit sur le terrain ou sur l’état d’esprit nous a fait du mal. Il y a d’autres joueurs dans le dur par rapport aux blessures comme Driss (Himmes), Nicolas (Dumortier). Avant de combler des blessures avec des arrivées, pour ma part, je pense qu’il est important de laisser le groupe vivre comme il est actuellement. On fera un point à la trêve par rapport aux quatre matches à venir. Pour le moment, il faut laisser travailler le groupe. C’est a lui d’écrire son histoire !

On n’oublie donc pas les blessés et il est important d’abord de regarder dans sa maison que de voir ailleurs ?

Lorsque l’on est joueur et qu’on vit une blessure, on a toujours l’impression d’être mis de côté. C’est des moments douloureux et difficiles à gérer ! Que cela soit Nico, Thibaut ou encore Driss, qu’ils se disent qu’on a toujours une petite pensée pour eux. Je voudrais aussi parler de Nassuf (Ahamada) car il ne faut pas oublier ce qu’il a subit à l’intersaison (AVC lors du stage de préparation) et qu’il a été oublier pendant quelques temps. C’est important de ne pas oublier les gens et de dire qu’il est de retour sur les terrains. Après ce qu’il a vécu c’est bien de le revoir parmis nous. Bref, il ne faut jamais oublier ceux qui ne sont pas sur le terrain et c’est important de d’abord penser à eux plutôt que de penser à les remplacer. Ce qui compte, c’est que tout le monde soit sur pied !

Au niveau du staff, comment se passe l’entente ?

Là aussi, il est important de souligner qu’il ne faut pas avancer seul dans la gestion. Que cela soit Corentin (Digard, préparateur physique), James (Strauss, entraîneur adjoint), Jean-Philippe (Messina, entraîneur des gardiens), Frédéric (Cavouras, kiné) ou bien Mathias (Lozano, entraîneur de la réserve), chacun met sa pierre à l’édifice. Ce sont toujours les mêmes qui sont sur le devant de la scène mais il ne faut pas oublier leur boulot. Sans eux, la machine ne marcherait pas de la même façon. Et puis, il ne faut pas oublier que la réserve est bien classée, et qu’il serait intéressant de la mettre dans les meilleures dispositions pour jouer le haut du tableau et pourquoi pas l’accession en CFA 2. Bref, il y a vraiment un travail de groupe et d’équipe. Il ne faut pas l’oublier !

Pour conclure, on peut sentir une certaine exigence de la part des supporters te concernant. Comment réagis-tu par rapport à cela ?

Cela fait 8 ans que je suis à Martigues, et comme dans tous les clubs que cela soit en tant que joueur ou en tant qu’entraîneur, tu reçois des critiques. Cela fait parti du jeu ! Je fais mon boulot du mieux possible. Qu’Erceau ne plaise pas, cela peut arriver et je l’accepte. Par contre, il ne faut pas confondre les choses. C’est important que les supporters, peu importe les personnes, restent fidèles à leurs couleurs et à leur équipe ! Il faut toujours encourager que l’on est de l’affinité ou non avec des personnes. On ne peut pas tous s’entendre, c’est comme dans un groupe. On ne peut pas plaire à tout le monde et même si je ne plais pas à tout le monde, il faut que ces personnes-là encouragent car ce sont les joueurs et le FCM qui ont besoin de leur soutien ! L’important c’est la réussite du FCM ! Mais je comprend tout à fait les critiques et je les acceptent à partir du moment ou cela se fait dans le respect.

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